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Masters de Madrid : le trésor du roi Nole

Deuxième titre à Madrid pour Djokovic, tombeur de Stefanos Tsitsipas. © Mae D / Flickr

Cette semaine madrilène aura été riche en surprises et en matchs intenses, mais au final c’est Nole qui gagne. Djokovic remporte son 33ème Masters 1000 et égale Rafael Nadal sur la première marche du podium. Récit d’un tournoi à rebondissements en terre royale.

Qui de Nadal, Thiem, Djokovic, Federer ou encore Tsitsipas remportera Roland Garros ? C’est la question que tout le monde se pose après un tournoi madrilène qui donne tout de même quelques éléments de réponse. En effet, après un jeu retrouvé, le Serbe se place en pole position pour le titre final à Paris. A l’aube d’entamer le Grand Chelem parisien, tous les chemins mènent à Rome pour Novak Djokovic, qui a fait forte impression.

Un tournoi sensationnel

Cela faisait longtemps que l’on attendait ça, un tournoi avec de l’enjeu et du spectacle. Même si au final c’est encore un membre du Big 3 qui gagne, Madrid ne nous a pas déçu. La capitale ibérique nous réserve toujours des semaines de grande qualité tennistique, et particulièrement cette année. Avec le retour de Roger Federer, toutes les têtes de série attendues étaient présentes. Et on peut dire que le maître n’a pas loupé son retour sur ocre. Très facile contre Gasquet, auteur d’un excellent match face à Monfils et solide malgré une défaite face à un Thiem en grande réussite (6-3, 6-7, 6-4). C’est de bon augure pour la suite, d’autant que Roger a annoncé hier sa participation au Masters de Rome.

Si un joueur arrive en forme pour jouer au sein de la ville aux sept collines, c’est bien Novak Djokovic. Vainqueur de son second titre cette saison après l’Open d’Australie, le Serbe a retrouvé un niveau de jeu qu’il avait quelque peu perdu depuis quelques mois. Il a survolé ce tournoi en ne perdant aucun set et en balayant les espoirs de la Next Gen. Il égale Rafael Nadal avec 33 titres en Masters 1000 et s’impose pour la 3ème fois à Madrid.

Également un retour, mais cette fois de blessure, si Gaël Monfils avait des doutes après sa défaite à Estoril face à Davidovich, il peut être rassuré avec cette performance à Madrid. Le Français, brillant face à Fucsovics et auteur d’une performance de grande qualité face à Federer, n’a pu que s’incliner devant le talent du Suisse, qui a dû puiser dans ses ressources pour venir à bout du parisien (6-0, 4-6, 7-6). Le Français peut maintenant se concentrer tranquillement sur Rome pour ensuite viser une deuxième semaine à Paris.

Quant au récent vainqueur de Barcelone, Dominic Thiem, il confirme sa réelle prise de pouvoir sur la surface. Vainqueur de Fabio Fognini et Roger Federer, l’autrichien s’incline en demi-finale après un long match serré face au numéro 1 mondial (6-7, 6-7), mais prouve qu’il peut tenir tête à n’importe quel joueur, 10 jours après sa victoire face à Rafael Nadal. Un autre membre de la Next Gen s’est illustré cette semaine avec sa deuxième finale en Masters 1000 à seulement 20 ans, Stefanos Tsitsipas fait forte impression en ce début de saison. 4ème à la Race derrière le Big 3 et tombeur de Rafael Nadal pour la première fois de sa carrière, le grec s’impose déjà comme la relève du tennis mondial et fait preuve d’une incroyable maturité.

L’énigme Nadal

L’étau se resserre autour de Rafael Nadal, qui a perdu successivement lors de ses 3 dernières demi-finales disputées sur terre battue. Le Majorquin n’est jamais arrivé à Roland sans avoir gagné le moindre titre sur l’année, et n’était plus arrivé dans la même situation à Rome depuis 2004. Mais qu’arrive-t-il au taureau de Manacor ? Depuis l’Open d’Australie, Rafa n’y arrive plus. Entre contre-performances successives et fautes directes inexplicables, l’Espagnol nous a habitué à mieux. Malgré une envie toujours débordante et une implication totale, El Toro n’est clairement pas à 100% de ses capacités physiques et techniques en ce début de saison.

Même si le mot déclin brûle les lèvres de tous les experts tennistiques, ne nous prononçons pas trop vite à ce sujet. En effet, le numéro 2 mondial n’a pas perdu contre des enfants de chœur : Djokovic à Melbourne (vainqueur du tournoi), Kyrgios à Acapulco (vainqueur du tournoi), Fognini à Monte-Carlo (vainqueur du tournoi), Thiem à Barcelone (vainqueur du tournoi) et Tsitsipas à Madrid (finaliste). Il est vrai que Nadal ne présente plus une sur-domination constante comme il avait l’habitude de le faire, mais laissons-lui le temps de retrouver ses repères. Vainqueur à 8 reprises à Rome, et 11 fois à Roland Garros, l’Espagnol reviendra en terre conquise pour tenter de remporter sa dizaine de titres du côté du Colisée, et la douzaine non loin de la Tour Eiffel.

Des tournois qu’il affectionne tout particulièrement donc, pour se redonner de l’aplomb et revenir au sommet de son art très vite, car le temps presse. Rome et Roland Garros sont en effet les deux derniers tournois sur la surface avant les tournois sur gazon, qui lui ont peu réussi ces dernières années. Une saison sans titre sur terre battue serait évidemment vécue comme un cuisant échec côté espagnol. On imagine donc toute la détermination qui envahit le taureau de Manacor.

Directeur de la rédaction | Plus d\'articles

Passionné par ma vocation, et par le tennis. Entre analyses, enquêtes ou reportages, mon fil d’Ariane est d’exposer ce que l’on ne voit pas forcément au sein du monde de la petite balle jaune.

Mickaël Corcos

Passionné par ma vocation, et par le tennis. Entre analyses, enquêtes ou reportages, mon fil d’Ariane est d’exposer ce que l’on ne voit pas forcément au sein du monde de la petite balle jaune.

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