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Acapulco : Nadal répond du tac-au-tac à Djokovic

Rafael Nadal ne sera pas tombé sur Nick Kyrgios cette année

Rafael Nadal s’est adjugé un 85ème titre en carrière et un troisième titre à Acapulco (ATP 500) en venant à bout de l’américain Taylor Fritz (6-3, 6-2). L’espagnol est-il en route pour une razzia sur dur après un Open d’Australie décevant ?

Dans cette compétition interposée entre les deux despotes du tennis mondial, à savoir le n°1 Novak Djokovic, cannibale du dur et dans un futur proche des records de Roger Federer, et son dauphin Rafael Nadal, ogre de l’ocre et tyran de Roland, bien malin celui qui parviendrait à nommer le lider maximo de cet empire tennistique.  Qu’il semble loin ce vent de révolution aperçu en novembre 2019, portée par une jeunesse avide de changement, de droit à la visibilité, et souhaitant abolir définitivement le joug asphyxiant d’un trio suisso-hispano-serbe au pouvoir depuis presque deux décennies.

Il semblait pouvoir ébranler la galaxie de la petite balle jaune, porté par une constellation d’étoiles montantes (Tsitsipas, Medevdev, Berrettini…) et de comètes prometteuses (Coric, Humbert, Moutet…). Mais il n’y a pas loin du Capitole à la roche tarpéienne, péroraient les compatriotes de Fabio Fognini en leur temps.

Ce tournoi d’Acapulco aura délivré une myriade d’enseignements, consacrant le retour en grâce de deux « historiques » du circuit : le suisse Stan Wawrinka (34 ans) et Grigor Dimitrov (28 ans). Ces deux esthètes au revers à une main chiadé nous auront gratifié d’un duel savoureux en quart de finale, tombé dans l’escarcelle du plus jeune des deux. Dimitrov se révélera trop tendre néanmoins pour résister aux assauts incessants de la déferlante Nadal (bouté hors du tournoi par le tarif maison 6-3, 6-2) en demi-finale. Il effectue cependant un bond de trois rangs au classement ATP, pour se nicher à la 19ème place mondiale dès lundi, un matricule plus conforme à ses ambitions.

Du côté de nos Frenchies, pas grand-chose à se mettre sous la dent, si ce n’est une incursion au deuxième tour d’Ugo Humbert, vainqueur sur forfait du tenant du titre Nick Kyrgios, mais éjecté du tournoi par un Taylor Fritz -futur finaliste- sur son petit nuage (7-5, 3-6, 6-1).

Car désormais, le cerbère tennistique s’est mué en un monstre bicéphale de nouvelle envergure, néanmoins pas partageur. Et la rédaction de Tennis Time se révèle hésitante à l’heure de nommer l’auteur du putsch le plus impressionnant en ce premier week-end de mars. La pesée empirique nous donnera peut-être un éclairage bienvenu.

Combat de coqs

Dans le coin gauche Rafael Nadal, n°2 mondial et dorénavant 85 titres au compteur, lauréat à Acapulco pour la troisième fois (auteur d’un coup du sombrero record, avec David Ferrer et Thomas Muster). Quelque 25 jeux égarés en une semaine, et une maîtrise ont marqué le périple de l’espagnol en terre sud-américaine.

Dans le coin droit, Novak Djokovic, n°1 mondial et 79 triomphes à son actif, revenu de l’enfer en demi-finale contre Gaël Monfils à Dubaï (3 balles de match magistralement sauvées), et aisément vainqueur d’un Tsitsipas cuit à l’étouffée en finale.

La vox populi de Tennis Time, composée de trois éminents spécialistes du microcosme tennistique depuis le début des années 2000, attribue, à la majorité absolue, mais après un délibéré âpre et intense, ses suffrages au n°2 mondial. Le jury populaire a ainsi voulu saluer le rebond de l’ibère qui, en glanant son premier titre de la saison, se remet sur orbite après son élimination prématurée aux antipodes (quart de finale face à un stratosphérique Dominic Thiem). Un coup droit lasso retrouvé, un jeu de jambes virevoltant et un revers baromètre, voici les pièces maîtresses de la rédemption nadalienne. « Je ne pourrais pas être plus heureux. J’ai réalisé un grand tournoi du début à la fin, s’est ému le Taureau de Manacor, après un succès pas si anodin que ça. Acapulco a été le premier grand titre que j’ai remporté dans ma carrière, donc pouvoir rééditer cela 15 ans après est incroyable. Je ne pourrai jamais assez remercier les gens qui me font sentir chez moi ici à chaque fois. »

En route vers la Terre Promise

« Pour moi qui n’avais pas rejoué depuis l’Open d’Australie, ce moment est important. J’ai joué un tennis solide, avec la bonne intensité, de l’envie et mon coup droit a bien fonctionné », s’est empressé de se féliciter le majorquin, tout proche de Djokovic désormais dans la hiérarchie ATP. A Indian Wells (9-22 mars) puis du côté de Miami (23 mars-5 avril), les deux joueurs chercheront avant tout capitaliser sur leur bonne forme actuelle. Quoiqu’il en soit, en attente d’une probable moisson sur ses terres promises traditionnelles (Monte-Carlo, Barcelone, Madrid et Rome), Nadal a déjà évité la vache sur des sentiers plus hostiles.

Si Nadal revient certes fort dans la course au sceptre suprême, c’est bien le « Djoker » qui sera dans la position du chasseur au pays de l’oncle Sam : il n’a quasiment aucun point à défendre à Indian Wells et Miami.

Directeur adjoint de la rédaction | Plus d\'articles

Passionné par le monde du tennis depuis mon plus jeune âge, je désire désormais en être un acteur engagé. Enquêtes, reportages, immersions… mon but est de dépeindre l’univers tennistique tel qu’il est, sans l’enjoliver.

Edouard Lavollé

Passionné par le monde du tennis depuis mon plus jeune âge, je désire désormais en être un acteur engagé. Enquêtes, reportages, immersions… mon but est de dépeindre l’univers tennistique tel qu’il est, sans l’enjoliver.

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