Gaël Monfils
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Gaël Monfils : sa bataille

Gaël Monfils

En grande forme depuis le début de la saison, Gaël Monfils devrait arriver en confiance à Roland Garros. Mais à l’approche de ses 34 ans, le temps est compté pour le numéro 1 français si il veut encore espérer remporter un Grand Chelem.

On pensait finis les espoirs de victoire en Grand Chelem pour cette génération du tennis français, avec les grosses blessures de Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet et celles à répétition de Gaël Monfils. Mais les tricolores espèrent bien jouer les trouble-fête en mai prochain du côté de la porte d’Auteuil, et c’est le parisien qui s’impose comme le favori côté français. La Monf, auteur d’un excellent début de saison, avec deux titres à Montpellier et Rotterdam, sort également d’un excellent tournoi à Dubaï. Avant de débuter la saison sur terre, Gaël a atteint une réelle plénitude physique, technique, tactique et surtout affectueuse. 

Rebond attendu et confirmé après l’Open d’Australie

Confronté encore une fois à l’autrichien Dominic Thiem, après Roland Garros, le français s’était également incliné à l’Open d’Australie en janvier face au numéro 4 mondial (6-2, 6-4, 6-4). Monfils n’avait trouvé aucune solution face à un Thiem surpuissant, n’offrant aucune ouverture à son adversaire, lui faisant constamment jouer un coup de plus et le poussant à la faute. Gaël s’était déjà frotté à un top 5 avant Thiem, défait lors de l’ATP Cup face à Novak Djokovic (6-3, 6-2), devenu numéro 1 mondial depuis, après sa victoire à Melbourne.

Seulement voilà, après une semaine compliquée à l’Open d’Australie, on pensait l’élan acquis lors de la saison dernière envolé pour le français, encore une fois impuissant face aux gros du circuit. Mais c’était sans compter sur la détermination de Gaël, jamais avare d’efforts pour parvenir à la victoire. A Montpellier, il remporte le titre sans trop de difficultés en battant en finale le revenant Vasek Pospisil, tombeur notamment de David Goffin et Denis Shapovalov, méconnaissable en ce début de saison. Mais le parisien ne s’arrête pas là. Il remporte dans la foulée Rotterdam, réalisant au passage la première défense de titre de sa carrière, sans perdre un set.

Gaël était arrivé à Dubaï avec pour objectif de faire mieux que l’année passée et une demi-finale serrée mais perdue face à Stefanos Tsitsipas. Tombeur de Fucsovics, Uchiyama et Gasquet, le parisien a encore une fois échoué aux portes de la finale, mais cette fois-ci, il peut s’en vouloir. Même si il est tombé sur le meilleur mental du circuit lorsqu’on parle de sauver des balles de match, Gaël a raté les trois occasions qu’il s’est procurées, après deux sets de haute volée de sa part. Il se devait de faire mieux mais échoue pour la 17ème fois en 17 confrontations face au numéro 1 mondial serbe.

Gaël s’offre une deuxième santé

Depuis sa très bonne saison 2019, Gaël semble avoir trouver le nec plus ultra. Il a tout de même essuyé deux blessures la saison dernière, qui l’ont empêché d’être à son meilleur niveau à Roland Garros, ainsi que pour tous les tournois de fin d’année. On craint également pour son ischio-jambier après Dubaï. Mais la trentaine passée, le français ne faiblit pas. Cette saison est la parfaite illustration d’une envie de jouer retrouvée, de la maturité dans son jeu, ainsi qu’un mental quasiment à toute épreuve. 

Une renaissance qui coïncide avec l’arrivée dans sa vie sentimentale d’Elina Svitolina, mais surtout de celle de son entraîneur Liam Smith dans sa vie tennistique. Selon les dires de Monfils, l’arrivée de l’australien au sein de son équipe ne lui a fait que du bien, lui qui peut s’avérer dur à encadrer. Une philosophie de jeu portée vers l’avant, un jeu offensif basé sur la prise de risques et moins d’excès de folie, Liam Smith a su se servir de la folie du français pour y apporter du sérieux, pour le plus grand bonheur du tennis français, et de ses fans, qui ne demandaient que ça. 

Fort de sa huitième place mondiale, le français se rapproche de son meilleur classement atteint en 2016 lors de sa meilleure saison. Il avait alors participé au Masters de fin d’année, en qualité de sixième joueur mondial, mais sans grande réussite. Reste tout de même à dépasser au classement Alexander Zverev et Stefanos Tsitsipas, qui ne comptent pas lâcher du lest. Mais Gaël reste troisième à la Race, de quoi bien se lancer pour la suite de la saison. 

L’objectif : ne pas se cramer avant Roland Garros

Moins de 3 mois avant le plus beau tournoi sur ocre à Paris, l’objectif de Monfils jusque-là est évidemment de bien se préparer pour ce tournoi qu’il affectionne tant. Pour ça, il faut gagner des matchs, ce qu’il fait très bien (12 d’affilée avant la défaite contre Djokovic), mais surtout ne pas trop jouer et risquer de se blesser, comme il l’a sûrement fait à Dubaï. On a vu Gaël parfois à bout de souffle et gêné physiquement. Même si selon lui les temps qu’il prend à se recroqueviller sur lui-même l’aident, ce n’est jamais bon signe.

A lui de trouver la bonne formule, il serait judicieux de calquer son calendrier sur celui de Novak Djokovic par exemple, qui s’économise de plus en plus entre les Grand Chelem et se limite à une quinzaine de tournois par an. Si il veut atteindre son objectif de gagner un Grand Chelem avant la fin de sa carrière, Monfils devra à coup sûr s’économiser et jouer uniquement les tournois importants, ce qui impose de faire l’impasse sur les tournois rapportant moins de points. 

Mais ce qui l’intéresse, tout comme nous, c’est évidemment les Grand Chelem, et tout particulièrement Roland Garros. Et le français nous a souvent habitué à des parcours de haut niveau du côté de la porte d’Auteuil, mais toujours pas de demi-finale depuis 2008 face à Roger Federer, à qui il avait pris un set avant de s’incliner 2-6, 7-5, 6-3, 7-5. A l’aube du début du Grand Chelem parisien, espérons que Gaël ne soit pas blessé. En tout cas s’il parvient à trouver de la constance, il pourrait atteindre la forme de sa vie. Alors pourquoi pas cette année pour Gaël ?

Directeur de la rédaction | Plus d\'articles

Passionné par ma vocation, et par le tennis. Entre analyses, enquêtes ou reportages, mon fil d’Ariane est d’exposer ce que l’on ne voit pas forcément au sein du monde de la petite balle jaune.

Mickaël Corcos

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